La terre est bien plus qu'un facteur de production pour les communautés paysannes africaines. Elle est identité, histoire collective, lien spirituel aux ancêtres, et fondement de tout projet de vie. La perdre n'est pas seulement une catastrophe économique — c'est une destruction culturelle et humaine d'une profondeur que les statistiques économiques ne peuvent mesurer.
Pourtant, partout sur le continent, des communautés voient leurs terres confisquées, requalifiées en "terres vacantes", vendues ou louées à des investisseurs étrangers sans leur consentement et souvent sans leur connaissance. Les lois foncières héritées du droit colonial, encore en vigueur dans de nombreux pays africains, protègent souvent mieux les titres de propriété formels des investisseurs que les droits coutumiers des communautés qui occupent et cultivent ces terres depuis des générations.
Les femmes, premières victimes de l'insécurité foncière
Les femmes paysannes sont les premières et les plus durement touchées par l'insécurité foncière. Dans de nombreuses sociétés africaines, les droits fonciers traditionnels ne reconnaissent pas aux femmes le droit d'hériter ou de posséder des terres en leur nom propre. Lorsque leur mari décède, elles peuvent se retrouver expulsées des terres qu'elles cultivaient depuis des décennies par les membres de la belle-famille. Cette injustice structurelle doit être combattue avec la même détermination que toutes les autres formes d'injustice foncière.
Une réforme foncière ambitieuse est une condition non négociable de tout développement agricole durable en Afrique. Elle doit reconnaître les droits collectifs des communautés, protéger les femmes, interdire les cessions massives de terres sans consentement éclairé, et garantir que la terre reste aux mains de ceux qui la cultivent et la nourrissent — pas de ceux qui cherchent à en extraire des profits.
Nos exigences foncières
- Reconnaissance constitutionnelle des droits fonciers collectifs et coutumiers
- Parité hommes-femmes dans l'accès à la propriété et à l'usufruit des terres agricoles
- Moratoire sur toutes les cessions de terres à grande échelle en cours d'instruction
- Création de registres fonciers participatifs gérés par les communautés elles-mêmes
Laisser un commentaire
Les champs obligatoires sont marqués *